Calais : plusieurs blessés graves après des rixes entre migrants

Plusieurs rixes d’un degré « jamais connu » ont éclaté jeudi soir à Calais, faisant une vingtaine de blessés. Le pronostic vital de quatre personnes, touchées par balles, est engagé.

De violents affrontements entre migrants afghans et africains ont eu lieu, jeudi 1er février, en plusieurs endroits de Calais, qui ont fait 22 blessés. Le pronostic vital de quatre d’entre eux, blessés par balle, est engagé. Il s’agit d’Érythréens, qui seraient âgés de 16 à 18 ans. L’état de santé d’un cinquième blessé par balle inspirait moins d’inquiétude.

Un ressortissant afghan est recherché. Âgé de 37 ans, il est soupçonné d’être l’auteur de coups de feu sur des Érythréens tout près de l’hôpital de Calais où avait lieu une distribution de repas jeudi après-midi.

« On a atteint une escalade de la violence devenue insupportable pour les Calaisiens et les migrants », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui s’est rendu en début de nuit sur les lieux de l’une des rixes. « C’est un degré de violence jamais connu, » a-t-il déclaré, déplorant des événements « exceptionnellement graves ». Au yeux du ministre, ces incidents seraient en grande partie le fait de passeurs.

« La situation est extrêmement tendue à Calais », confirme Charlotte Boitiaux, journaliste pour France 24/Infomigrants, de retour d’un reportage à Calais. « Depuis plusieurs mois, la politique du gouvernement français pousse ces migrants à l’invisibilité, à se réfugier dans les bois, dans différents petits campements dans une précarité absolue. Les migrants sont par ailleurs victimes d’un harcèlement policier presque quotidien, leurs tentes sont détruites, leurs sacs de couchage sont gazés pour éviter tout point de fixations. Et on assiste à un retour des mafias, des trafics de drogue, d’alcool à Calais. Alors que nous sommes en plein hiver, cela donne un cocktail très explosif », explique-t-elle.

En termes de victimes, « on est revenu à une situation qui ressemble beaucoup à celle de 2015 », année de création de la « Jungle », démantelée en octobre 2016, selon une source judiciaire. Des forces de sécurité « complémentaires » ont été déployées sur place, selon la préfecture.

Une succession de rixes

Dans l’après-midi, une première rixe a éclaté vers 15 h 30 entre une « centaine de migrants armés de bâtons et de pierres » boulevard des Justes, près du centre hospitalier de la ville, selon la préfecture.

Vers 16 heures, une deuxième rixe s’est déroulée à environ 5 km de là, à Marck-en-calaisis, près du centre de logistique Transmarck. « Une centaine de migrants africains armés de bâtons ont voulu s’en prendre à une vingtaine d’Afghans », a indiqué le parquet, qui a précisé qu’un car a été affrété pour amener les Afghans au centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) de Belval. La police a protégé les Afghans pris à partie par 150 à 200 Érythréens, selon la préfecture.

Puis en fin d’après-midi, de nouvelles violences ont éclaté dans la zone industrielle des dunes à Calais, non loin du site de l’ancienne « Jungle ». « Les Afghans sont venus pour une distribution de repas rue des Verrotières et sont tombés sur une forte présence africaine. On a eu un mouvement de foule qui a entraîné des blessés avec des barres de fer », a indiqué le parquet à l’AFP. Six migrants ont été blessés selon le parquet, dont un grièvement à la tête, comme l’a constaté un correspondant de l’AFP sur place.

Selon une source policière, la nuit de jeudi à vendredi a été calme, sans nouvel affrontement.

Avec AFP

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