Les Maldives déclarent l’état d’urgence sur fond de crise politique

L’état d’urgence a été déclaré par le président Abdulla Yameen, après que la Cour suprême lui a ordonné de libérer des prisonniers politiques et de réintégrer douze députés démis de leur mandat pour avoir rejoint l’opposition.

Le président des Maldives Abdulla Yameen a décrété lundi 5 février l’état d’urgence pour une durée de 15 jours, a annoncé son adjoint.

Le déclenchement de l’état d’urgence dans cet archipel de l’océan Indien vient renforcer les pouvoirs déjà très vastes des forces de sécurité pour arrêter et maintenir en détention des suspects, et intervient alors que la Cour suprême et le gouvernement sont dans un rapport de force tendu. L’ex-président de l’archipel, Maumoon Abdul Gayoom, a été arrêté lundi. Le demi-frère de l’actuel président, qui a dirigé le pays pendant 30 ans jusqu’aux premières élections démocratiques tenues en 2008, s’est depuis rangé aux côtés de l’actuelle opposition.

Le président maldivien a refusé de libérer des prisonniers politiques comme le lui ordonnait la Cour suprême, et a mis en garde contre toute tentative de destitution ou d’arrestation le concernant. L’assemblée législative du pays a été suspendue pour une durée indéterminée par les autorités.

Réintégration de douze députés

Jeudi, la Cour avait cassé les condamnations pour « terrorisme, corruption, détournement de fonds et trahison » en 2015 de neuf opposants, dont celle de l’ancien président Mohamed Nasheed, qui vit en exil au Royaume-Uni. Cette intervention de la Cour suprême représente un revers majeur pour le président Abdulla Yameen.

La Cour avait également ordonné jeudi la réintégration de douze députés démis de leurs mandats pour avoir fait défection du parti d’Abdulla Yameen. Cette décision permet théoriquement à l’opposition de retrouver la majorité absolue au Majlis, le parlement de l’archipel qui compte 85 sièges, et lui donnerait le pouvoir de renverser le gouvernement et le président.

Abdulla Yameen avait déjà décrété un état d’urgence en novembre 2015, après une tentative d’assassinat présumée le visant. La répression menée contre l’opposition par le président ces dernières années a terni l’image paradisiaque de ce petit archipel comptant un peu plus de 40 000 habitants, haut-lieu du tourisme de luxe.

Avec AFP

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